Ghost in the castle

Tout au long des mille années qui se sont écoulées, les réutilisations de parties plus anciennes, les ajouts et ornements participent à l’identité du château Barrière.
Réhabiliter, c’est remettre sur l’ouvrage le travail déjà fait, et continuer à tisser quelquechose avec l’existant. La greffe apportée à un monument historique est comme une nouvelle branche qui pousse sur l’édifice.
La greffe doit capter l’essence qui compose le bâtiment et essayer de faire en sorte que l’un n’aille pas sans l’autre, que l’un révèle l’autre sans pour autant accorder plus d’importance à l’un qu’à l’autre.
Une réhabilitation doit permettre d’insuffler un second souffle à ce qui fût autrefois abandonné telle une perfusion directement dans la pierre, mais qui, doucement, furtivement, “s’efface“ pour laisser place au château.
“Esprit, es-tu là ? “ Le ghost du château est sa mémoire, le ghost est sa conscience, son histoire, il porte en lui tout l’esprit qui anime(-ait) le château. La ruine du château Barrière est donc considérée comme une enveloppe corporelle, une carcasse échouée au bord de la voie ferrée à laquelle on va ré-insuffler un nouveau souffle de vie à partir des traces de son histoire et des marques laissées par le temps.

La composition du château, enfin du moins ce qui en reste, combine 3 corps de bâtiment ponctués par 3 tours, le tout relié par un bras de courtine. Tel qu’il est dessiné en plan, il s’apparenterai à une colonne vertébrale sur laquelle il reste quelques fragments de vie et donne ainsi un sens, une direction pour aborder la ruine.
Cette direction, déjà donnée par le plan d’aménagement du centre ville, permet d’intégrer le château au parcours et non pas de le frôler.
De cette analyse découle une forme, un volume qui vient en décalage de la ruine existante.